Introduction
Cuisiner sans gaspiller est bien plus qu’un simple geste du quotidien : c’est un enjeu écologique majeur, un acte économique responsable et un choix éthique qui respecte à la fois notre planète et ceux qui y vivent.
Chaque aliment gaspillé représente une ressource inutilement consommée — eau, énergie, travail — et contribue à la production massive de déchets. Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas !
Adopter une cuisine zéro déchet, ou du moins engagée vers cet objectif, c’est donc agir concrètement pour limiter son impact et redonner du sens à notre manière de consommer.
🎯 Objectifs Pédagogiques
- Comprendre les enjeux et impacts du gaspillage alimentaire (écologiques, économiques et sociaux).
- Distinguer pertes et gaspillage, et identifier les principales sources lorsqu’on cuisine à la maison.
- Comprendre les principes clés de réduction (dont 5R, planification, gestion des stocks, dates).
- Connaître les principales pistes d’action pour adopter une cuisine zéro déchet.
1. Enjeux du Gaspillage Alimentaire
1.1. Chiffres Clés & Impacts
Le gaspillage alimentaire représente aujourd’hui l’un des grands paradoxes de nos sociétés modernes : alors que des millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, près d’un tiers des aliments produits globalement ne sont jamais consommés. En France, cela représente en moyenne 30 kg d’aliments jetés par personne chaque année, dont 7 kg encore emballés.
Ce gaspillage a un coût environnemental majeur : chaque aliment jeté a nécessité des ressources pour être produit (eau, terre, énergie, travail humain), transporté, emballé, stocké… et contribue aux émissions de gaz à effet de serre à chaque étape. On estime que le gaspillage alimentaire est responsable de 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit davantage que l’aviation civile.
Le gaspillage est aussi économique, tant à l’échelle collective (pertes pour les producteurs, surcoût pour la gestion des déchets) qu’individuelle : jeter de la nourriture revient littéralement à jeter de l’argent.
Enfin, il a un impact social : gaspiller dans une société d’abondance où les inégalités alimentaires sont criantes soulève des questions éthiques profondes. Mieux gérer notre alimentation, c’est aussi réapprendre à donner de la valeur à ce que l’on mange.
1.2. Des pertes du champs à l’assiette
Il est utile de distinguer deux notions :
- Les pertes alimentaires se produisent principalement en amont : lors de la production, de la récolte, du transport ou du stockage (fruits abîmés, invendus, calibrage, surproduction, etc.).
- Le gaspillage alimentaire, lui, a lieu en aval de la chaîne : dans les magasins, les restaurants, mais surtout chez les particuliers. Ce sont des denrées qu’on pourraient consommer mais qui ont terminé à la poubelle.
En France, près de 60 % du gaspillage alimentaire se fait à la maison, dans nos cuisines. Cela signifie que nous avons un véritable pouvoir d’agir : non seulement en changeant nos habitudes d’achat, de conservation et de cuisine, mais aussi en influençant les pratiques globales.
👉 Si certaines Pertes Alimentaires pourraient être évitées, ce n’est pas le sujet de ce cours qui s’adresse plutôt à des particuliers. Ici, on se concentrera sur la partie Gaspillage.
1.3. Zoom sur le Gaspillage en Cuisine
Dans nos foyers, les principales sources de gaspillage sont :
- Les produits oubliés ou mal conservés, qui finissent par être jetés (fruits et légumes flétris, yaourts périmés, plats préparés moisis, etc.).
- Les quantités mal adaptées (on cuisine ou on sert trop, on ne termine pas les restes).
- Une mauvaise compréhension des dates de péremption, qui pousse à jeter des aliments encore parfaitement consommables.
- Le manque d’idées ou de temps pour accommoder les restes ou valoriser les “chutes” d’ingrédients.
C’est donc à la fois une question d’organisation, de culture culinaire et de regard sur ce que nous considérons comme “jetable”. Mieux comprendre les mécanismes du gaspillage, c’est faire un pas de plus vers une cuisine plus responsable, plus créative et plus respectueuse.
2. Démarche Zéro Déchet
La démarche « zéro déchet » ne signifie pas l’absence totale de déchets, mais la réduction maximale de notre production de déchets, en agissant à toutes les étapes de la chaîne.
Elle s’appuie sur la règle des 5R, formulée par l’auteure Béa Johnson et devenue un cadre de référence.
En cuisine, cela se traduit par une attention constante à nos habitudes d’achat, de stockage, de préparation et de gestion des déchets.
2.1. La Règle des 5 R
👉 Refuser : Les choses dont vous n’avez pas besoin, les objets à usage unique, les emballages inutiles, les cadeaux qui ne vont pas vous servir, etc.
👉 Réduire : Achetez en vrac pour éviter les emballages et n’achetez que les quantités nécessaires pour éviter le gaspillage.
👉 Réutiliser : Préférez les objets réutilisables, allongez la durée de vie de vos objets, réparez, achetez d’occasion, empruntez ou louez, donnez ce qui ne vous sert plus.
👉 Recycler : Recyclez les déchets que vous n’avez pas pu éviter (et donc triez vos poubelles).
👉 Rendre à la terre : Triez vos déchets organiques (épluchures, restes alimentaire) et compostez-les.
2.2. Organisation Zéro Déchet
Une cuisine zéro déchet est avant tout une cuisine bien pensée. Il ne s’agit pas de racheter tout son matériel, mais de revoir ses pratiques :
- Privilégier les contenants réutilisables : bocaux, boîtes hermétiques, sacs en tissu, bouteilles en verre.
- Limiter le plastique au profit de matériaux durables (inox, bois, verre, tissu).
- Faire le tri dans ses ustensiles : mieux vaut peu d’outils, mais polyvalents et de qualité.
- Éviter le jetable : serviettes en papier, film plastique, aluminium, essuie-tout …
Une organisation efficace repose aussi sur la clarté : des placards bien rangés, des produits visibles, des étiquetages clairs, un frigo bien agencé. Cela aide à éviter les achats en double, à mieux gérer les dates et à cuisiner de façon plus fluide.
2.3. Les Poubelles
Même avec les meilleures intentions, une cuisine génère toujours un minimum de déchets, il faut donc savoir les gérer correctement via le système de tri, recyclage, compostage. N’oublions pas néanmoins que le meilleur moyen d’agir, c’est de réduire son volume de déchet, le meilleur déchet est celui qu’on ne créé pas !
💡 Bonnes Pratiques
- Trier ses déchets, c’est la base aujourd’hui !
- Éviter les erreurs de tri : tous les papiers ne sont pas recyclables, les plastiques doivent être propres, les déchets verts doivent être sans plastique ni sauce.
- Installer un composteur, individuel ou collectif, ou participer à une initiative de quartier.
- Pour s’aider à réduire ses poubelles, peser ses déchets peut être une méthode utile pour prendre conscience de leur volume réel et mesurer ses progrès.
Poubelle Jaune
(emballages et papiers)
C’est celle qui a le plus évolué récemment : depuis 2023, le tri est simplifié partout en France.
✅ On peut maintenant mettre tous les emballages en plastique y compris souple (bouteilles, barquettes, pot de yaourt, film plastique, sachet …) et métal (capsules, conserves …) ainsi que les papiers/cartons.
❌ On ne met pas les objets plastiques hors emballage (brosse à dent, jouets …), ni les emballages sales ou avec des restes de nourriture (les rincer si besoin).
Poubelle Marron
(Biodéchets)
Dans les villes où c’est mis en place (et obligatoire partout d’ici 2026), une poubelle spécifique sert aux biodéchets.
💡 Astuce : tu peux aussi faire ton propre compost, chez toi ou en pied d’immeuble.
✅ On peut mettre tous les déchets alimentaires (épluchures, restes de repas, pain rassis, marc de café, sachet de thé et petit débris vert).
⚠️ Pour les restes de viandes ou de poissons, cela dépend des consignes locales, à adapter au cas par cas.
❌ On ne met pas le plastique même quand il est compostable.
Poubelle Verte
(Verre)
Il n’y a pas toujours de poubelle de cette couleur suivant la localité mais il y a désormais partout des bennes à verre !
💡 Astuce : Pense aux consignes ou aux achats en vrac pour t’éviter une montagne de bouteilles !
✅ On peut mettre tous les pots, bouteilles, bocaux, flacons en verre, sans bouchon no couvercle !
❌ On ne met pas la vaisselle cassée, les miroirs, ampoules, vitres … Pour ces cas, direction la déchèterie !
Poubelle Noire/Grise
(Ordures Ménagères)
C’est la poubelle du “reste”, ce qui ne peut ni se trier ni se composter.
🎯Objectif : la remplir le moins possible !
✅ On peut mettre tous Mouchoirs usagés, litière, couches, emballages souillés ou non recyclables, petits objets cassés non valorisables …
❌ On ne met pas tout ce qui rentre dans les autres catégories ou les déchets spéciaux, non ménagés qui partent à la décharge ou dans un circuit spécialisé.
Déchets Spéciaux
(hors ordures ménagères)
- Déchets dangereux : peinture, solvants, piles, huiles, ampoules → déchèterie ou point relais.
- Électroménager, électronique, mobilier : retour en magasin ou déchèterie.
- Textiles : bornes Le Relais ou associations.
- Cartouches, stylos, rasoirs jetables : programmes de recyclage spécifiques.
3. Stocks et Achats
3.1. Planifier ses repas
Une bonne gestion du gaspillage alimentaire commence avant même d’entrer dans la cuisine. Planifier ses repas pour la semaine permet d’acheter uniquement ce dont on a réellement besoin, d’adapter les quantités et d’éviter les achats impulsifs. Cela facilite également la création de menus équilibrés et variés, tout en prenant en compte les produits de saison et les promotions.
La planification peut se faire simplement, avec une liste de repas et une liste de courses associée. On peut aussi noter ce qu’il reste dans les placards et le réfrigérateur pour éviter les doublons.
3.2. Faire ses courses
La clé pour limiter le gaspillage alimentaire commence par une bonne préparation avant d’aller faire ses courses. Il s’agit d’identifier précisément ses besoins afin d’éviter les achats inutiles qui risqueraient de finir à la poubelle. Pour cela, il est recommandé d’anticiper les repas à préparer, idéalement en dressant des menus pour la semaine. L’essentiel est d’avoir une idée claire des produits frais qui périment rapidement afin de les consommer en priorité.
Pour établir une liste de courses efficace, il est important de recouper ces besoins avec les stocks déjà présents chez soi. Porter une attention particulière aux aliments proches de leur date de péremption permet de les utiliser avant qu’ils ne se gâtent et évite ainsi le gaspillage. Cette démarche aide aussi à résister aux achats impulsifs souvent stimulés par le marketing ou les promotions.
Quelques conseils pratiques pour optimiser ses courses :
- Privilégier les achats en vrac ou dans des emballages recyclables et réutilisables, afin de réduire les déchets.
- Favoriser les circuits courts, les marchés locaux, les AMAP ou les producteurs engagés dans une agriculture durable, pour soutenir une consommation responsable.
- Être attentif aux dates de péremption et, si l’on ne peut pas consommer rapidement, préférer des produits à durée de vie plus longue.
- Acheter les produits frais en quantités raisonnables, surtout ceux qui se périment vite.
3.3. Acheter en Vrac
Lorsque l’on achète des produits, outre connaitre les justes quantités dont nous avons besoin, il faut s’efforcer d’éviter au maximum les emballages et donc de nous tourner vers les achats en Vrac ou dans une moindre mesure vers les contenants consignés !
Si acheter en vrac n’est pas très compliquer cela nécessite tout de même de s’organiser un peu et d’avoir ses propres contenants que ce soit pendant ses courses ou pour stocker les aliments à la maison.
On vous recommande donc de vous équiper avec :
- Des Sacs pour transporter ses fruits, légumes, céréales … Le mieux est d’en prendre en tissu lavable mais pour ceux qui veulent faire simple, réutiliser les sacs en papier de votre boutique habituelle fera parfaitement l’affaire. Les laisser toujours avec votre sac de course évitera de les oublier.
- Des Bocaux en Verre, ils vous serviront à stocker vos achats notamment la partie sèche mais ils vous serviront aussi pour vos préparations et restes de cuisine. En alternative, n’importe quel boite (plastique, métal …) pourra faire l’affaire.
- Des Bouteilles en Verre, elles vous serviront pour stocker vos liquides comme les huiles mais aussi potentiellement votre lessive ou produit vaisselle. Pensez à les emmener avec vous pour faire vos courses !
Pour le reste, un équipement de cuisine classique fera parfaitement l’affaire.
Il faut ensuite repérer les boutiques qui propose ce type de produit, le réseau est déjà bien développé sur tout le pays donc vous devriez pouvoir trouver sans soucis, même les supermarchés classiques commencent à s’y mettre. Pour ceux qui peuvent, la meilleure option reste d’aller directement chez le producteur ou de rentrer dans une AMAP.
Enfin, pensez à des systèmes de distribution anti-gaspi comme To Good To Go qui vous propose de repartir avec des produits en limite de consommation, l’occasion de sauver un peu d’argent tout en évitant de les jeter.
3.4. Les Dates (DLC/DDM)
La gestion des dates est souvent source de gaspillage. Il est important de bien comprendre les différences :
- DLC (Date Limite de Consommation) : indiquée sur les produits périssables (viandes, produits laitiers, plats préparés). Il est dangereux de consommer un produit après cette date.
- DDM (Date de Durabilité Minimale), anciennement DLUO : concerne les produits moins périssables (farine, pâtes, biscuits). Au-delà de cette date, le produit peut perdre en qualité mais reste généralement consommable.
Apprendre à goûter, sentir, observer les aliments pour évaluer leur fraîcheur est souvent plus pertinent que se fier uniquement à la date inscrite.
Astuce – Quand vous ne savez pas quoi cuisiner, improviser à partir de vos produits avec les DLC les plus proches !
3.5. Organiser ses stocks
Une fois les courses faites, bien ranger ses aliments est essentiel pour prolonger leur durée de vie et éviter qu’ils ne se perdent.
Quelques règles simples :
- Placer les aliments les plus anciens devant, les plus récents derrière en fonction de leur date de péremption (méthode FIFO : First In, First Out). Il faut surtout le faire dans le frigo pour consommer en priorité ce qui va périmer.
- Utiliser des contenants hermétiques et transparents pour mieux voir ce qui reste.
- Séparer les fruits et légumes selon leurs besoins spécifiques (certains produisent de l’éthylène qui accélère la maturation d’autres).
- Ne pas surcharger le réfrigérateur pour permettre une bonne circulation de l’air.
- Congeler rapidement ce qui risque de se périmer avant consommation, en portions adaptées.
Où ranger ses courses et bien les conditionner ?
En général, nous avons 3 espaces de stockage à la maison : le réfrigérateur, le congélateur et l’épicerie (non réfrigérée). Il faut dans l’idéal savoir quelle denrée se stock dans quel endroit. Pensez à retirer les éventuels emballages superflus avant rangement, vous gagnerez de la place et éviterez de refroidir un carton qui n’en a aucun besoin.
Pour les congelés comme pour les produits secs (pâtes, céréales, confitures, café …) c’est généralement plutôt évidant, et la méthode de conservation est souvent indiquée sur les produits. C’est par contre un peu plus compliqué pour les produits frais qui se trouvent à la limite :
- Les Œufs : On fait comme à l’achat, si c’était au frigo, on doit les mettre au frigo, inversement si c’était à l’air libre, on peut les laisser dehors. Par contre une fois placé au frais, ils y restent !
- Les fruits & légumes : Selon les cas, on recommande d’être en 0° et 13°, donc dans certains cas frigo mais pas toujours. A vous de vous renseigner et d’arbitrer au cas par cas, sachant qu’en général les produits tiennent un peu plus longtemps au frigo mais risque de perdre un peu de goût dans un environnement trop froid (comme pour les tomates). De manière général, on essayera de mettre uniquement les produits bien mûrs ou fragile au frigo.
- Les Herbes fraiches : Une bonne astuce pour les garder fraiche plus longtemps consiste à les mettre dans un torchon ou papier absorbant humidifier quand on les met au frigo, sinon à laisser tremper les pieds dans un verre d’eau quand on les laisse dehors.
- Viande et poisson : Pas de débat, ça part au frais et pour le poisson c’est même normalement sur lit de glace.
On note qu’il y a aujourd’hui plusieurs techniques de conservation complémentaire au classique frigo/congélo comme la mise en conserve, le séchage ou la fermentation qu’on explorera par ailleurs.
Focus sur le rangement du frigo
Votre frigo comporte une zone froide qu’il vous faut identifier, elle est en règle générale dans le haut du frigo (près des générateurs de froid/ventilateurs) mais peut aussi se situer en bas.
On sépare les aliments à la fois en fonction de leur température de stockage mais il faut aussi dans un monde idéal séparer les denrées « propres » (légumes lavés, plats cuits) des produits potentiellement contaminés (emballage étant passé par l’extérieur, légume non lavés …).
👉 La zone froide (0° à 2°) : On place les produits délicats prioritairement les protéines (viande, poisson, crustacé) puis les produits de crèmerie (laitage, crème, yaourt, fromage, beurre) ou les préparations qui en contiennent.
👉 La zone fraîche (2° à 6°) : On met ici les produits cuits (restes de repas ou de cuisine mais aussi les produits déjà préparés comme les pâtisseries). On ajoute les produits ayant bénéficier d’une conservation (charcuterie séchée, poissons fumés, produits immergés dans l’huile ou le vinaigre comme les cornichons ou les anchois).
👉 Les bacs à légumes (6° à 8°) : Zone la moins froide du frigo, on y place les fruits et légumes mûrs et/ou délicats (les autres restent dehors), il faudra donc vite les mangez ! Ne pas hésiter à faire un tiroir fruit et l’autre légume si vous avez deux bacs.
👉 La zone tempérée ou la porte du frigo (4° à 8°) : On applique le même modèle que pour le reste du frigo et on profite de la visibilité pour placer des produits entamés.
Face à la zone froide, on met le beurre, les condiments, pots et sauces entamées. En dessous, c’est l’espace bouteille pour le lait et vos boissons ouvertes.
4. Cuisiner sans Gaspiller
La Cuisine Anti-Gaspillage, plus qu’une contrainte est souvent un puissant moteur de créativité !
4.1. Préparer les bonnes quantités
Limiter le gaspillage alimentaire commence par cuisiner des quantités adaptées à ses besoins réels. Prévoir des portions réalistes permet d’éviter les surplus inutiles qui finissent souvent à la poubelle. Pour y parvenir, plusieurs pratiques sont utiles :
- S’appuyer sur des repères de portions selon le type de plat et le nombre de convives.
- Utiliser des outils précis comme des balances ou des doseurs pour mieux contrôler les quantités.
- Ajuster progressivement ses préparations en fonction des appétits observés, en pesant régulièrement ses plats pour affiner ses estimations.
Avec un peu d’entraînement, ces gestes deviennent des automatismes qui évitent les excès, comme se retrouver avec un demi-kilo de riz déjà cuit non consommer.
Une exception intéressante à cette règle est le BatchCooking, ou cuisson en grande quantité. Cette méthode consiste à préparer en une seule fois des repas pour plusieurs jours, ce qui évite de re-cuisiner quotidiennement. Très pratique pour gagner du temps, notamment pour les repas du travail, le BatchCooking s’inscrit aussi dans une démarche écologique en optimisant l’utilisation des ingrédients et en réduisant les déchets. En maîtrisant les quantités dès la préparation, il permet de mieux planifier ses repas tout en limitant le gaspillage.
4.2. Cuisiner en fonction de ses stocks
Pas toujours facile d’improviser en cuisine mais c’est le moment de vous découvrir un nouveau talent et de tenter de nouvelles recettes. Pratique quand vous ne savez pas quoi manger, vous ouvrez le réfrigérateur, regardez ce qui va périmer le plus vite.
Pour la recette, si vous n’avez pas d’inspiration, on vous suggère :
👉 L’ensemble de nos Recettes
👉 Et pour aller plus loin, notre Bibliographie Cuisine (Rubrique Recettes)
4.3. Gérer et accommoder ses restes
Les restes ne sont pas des déchets, mais de véritables ingrédients pour de nouveaux plats savoureux. Bien gérés et cuisinés de manière créative, ils permettent non seulement de réduire le gaspillage alimentaire, mais aussi de varier ses menus au quotidien.
Dans certains cas, réchauffer un plat suffit largement — comme pour une délicieuse tartiflette hivernale ou un plat en sauce. Mais parfois, il est judicieux de donner un coup de pep’s à ce qui reste au fond du frigo, comme une salade verte un peu flétrie ou un riz qui traîne depuis quelques jours. La méthode qui fonctionne à coup sûr est de considérer ses restes comme une base à retravailler. Par exemple, on peut agrémenter un reste de riz avec quelques légumes frais et des fines herbes, ou passer des pâtes un peu sèches à la poêle pour les rendre croustillantes, avec une touche de fromage en bonus.
Ajouter des épices ou préparer une nouvelle sauce peut complètement métamorphoser un plat. Pour les salades et légumes crus, il est conseillé de verser la sauce directement dans l’assiette plutôt que sur tout le plat, car cela évite que les restes « cuisent » et deviennent difficiles à réutiliser. Une sauce originale, par exemple avec du beurre de cacahuète pour une touche asiatique, peut faire toute la différence.
Pour aller plus loin, relancer un plat sous une nouvelle forme — sandwich, salade composée, quiche, omelette, gratin ou soupe — est un excellent moyen de passer une grande variété de restes. Enfin, bien conditionner ses restes dans des contenants hermétiques ou les congeler (comme les surplus de sauce, la fin d’un plat ou une pâte à tarte) permet d’allonger leur durée de vie et de garder toute leur saveur.
Adopter cette approche donne un nouveau souffle à vos restes et transforme la gestion de l’anti-gaspillage en un véritable terrain de jeu culinaire !
4.4. Valoriser les Chutes de Cuisine
Comment valoriser ses chutes de cuisine ?
Les chutes de cuisine (épluchures, fond de bouteilles, carcasse de viande, restes de pain …) font parti des « déchets » que nous produisons régulièrement et en assez grosse quantité. Il est cependant assez simple de les utiliser et on vous propose un portail remplit d’astuces pour découvrir quelles chutes sont comestibles et comment les cuisiner !
4.5. Conserver ses produits correctement
Comment bien conserver ses aliments ?
Ne pas gaspiller, c’est aussi et surtout éviter de jeter des produits sans les utiliser, il existe de nombreuses techniques qui permettent d’en prolonger la durée de vie. On vous propose un portail complet dédié à l’ensemble des techniques de conservation !
👉 Ci-dessous, un petit échantillon de nos articles :
5. Équipement et Consommable
Le sujet pourrait paraitre anecdotique mais c’est loin d’être le cas. En cuisine, l’impact ne vient pas que de notre alimentation mais aussi de tout ce qui touche à son cycle de vie.
On retrouve l’équipement de cuisine (ustensile, vaisselle), l’électroménager (plaques, four, frigo, lave-vaisselle, robots …), les fluides (eau, gaz, électricité) qui permettent de faire fonctionner tout ça et les autres consommables (papier film, alu, piles, produits d’entretiens).
L’essentiel de l’impact de ces objets réside moins dans leur utilisation que dans leur fabrication et dans leur fin de vie. On note quand même qu’on peut optimiser leur usage et que l’air de rien, les petits gestes et bonnes pratiques d’usages vont vous faire gagner temps et argent tout en réduisant votre empreinte carbone.
5.1. Le Gros Équipement
Pour s’équiper
L’idée pour l’ensemble de nos achats et en particulier sur des achats aussi important que le gros équipement est d’appliquer la règle des 5R. En très bref, il faut d’abord se limiter à ce dont on a vraiment besoin (ne pas craquer sur le marketing, les soldes et les besoins imaginaires).
Ce magnifique 2ème robot est-il vraiment indispensable au vu de votre pratique de la cuisine et de ce que vous avez déjà ?
Ne pouvez-vous pas emprunter cet équipement à un proche ou un voisin pour les rares occasions où vous souhaiterez vous en servir ?
Si l’on souhaite s’équiper, peut-on prendre un objet de seconde main ?
Les équipements reconditionnés sont d’ailleurs très bien pour ça. Sinon il existe aujourd’hui de nombreux sites de revente entre particulier, voire même de dons dans certains cas.
Pour du neuf, privilégiez les produits avec un faible impact environnemental (catégorie A) et un bon taux de réparabilité (ces informations sont aujourd’hui obligatoire sur les électroménagers).
Choisir la qualité c’est aussi se donner l’opportunité de conserver vos produits plus longtemps, un gain à tous les niveaux !
N’hésitez pas à prêter votre appareil, si aujourd’hui on trouve des Bricothèques pour la mise en commun d’outils, des initiatives commencent aussi à émerger pour l’équipement de cuisine. Si vous n’en trouvez pas, proposez à vos voisins, vous serez peut-être même invité à venir déguster le prochain gâteau !
Zoom sur les LowTech
On fait un petit zoom sur les LowTech dont nous souhaitons faire ici la promotion pour aller vers un modèle de cuisine plus malin, plus efficace et plus durable.
Les LowTech c’est un terme employé pour qualifier des objets, des systèmes, des services, des savoir-faire, des pratiques et même un mode de vie ou une philosophie qui intègrent la technologie selon 3 grands principes :
- Utilité (réponse à un besoin essentiel de l’individu ou du collectif).
- Accessibilité (appropriable par le plus grand nombre, simplicité de fonctionnement et d’utilisation, peu coûteuse).
- Durabilité (éco-conception, résilience, robustesse, réparabilité, recyclable …)
En cuisine, on retrouvera par exemple des appareils comme le four ou le séchoir solaire mais aussi des techniques comme la fermentation ou la mise en conserve.
Pour utiliser
Il va sans dire qu’un équipement électrique va consommer de l’énergie, préférez-lui son alternative manuelle. Avez-vous vraiment besoin d’un moulin à poivre électrique ? La râpe manuelle n’est-elle pas la meilleure ?
Petite astuce, pensez à débrancher vos appareils quand vous ne les utilisez pas. Le mode veille va alourdir votre facture avec une consommation résiduelle qui en fin d’année sur tous vos appareils commence à peser (très facile à mettre en place avec une multiprise à interrupteur sur le plan de travail de la cuisine).
Remarque – Lave-Vaisselle :
Bien utilisé et bien choisit, utiliser un lave-vaisselle peut se révéler meilleur pour l’environnement que de faire votre montagne de vaisselle à la main.
Évitez de rincer la vaisselle, remplissez votre machine avant de la lancer, bien l’entretenir et la lancer en mode éco.
En fin de vie
Votre équipement commence à fatiguer, pensez d’abord à bien l’entretenir et si besoin à le faire réparer, vous allongerez d’autant sa durée de vie.
Vous souhaitez vraiment vous en séparer même s’il fonctionne encore pour récupérer un autre modèle ? Donnez-le à vos proches ou à une ressourcerie, vous ferez un heureux tout en allongeant la vie du produit.
Quand il devient totalement irrécupérable, pensez bien au recyclage et aux poubelles dédiées à ce type de déchet.
5.2. Les Consommables
Zoom sur les Fluides
Les fluides, c’est nos premiers consommables, l’eau, l’électricité et le gaz que l’on retrouve partout dans la cuisine. L’objectif c’est de se limiter au strict nécessaire pour sauver son portefeuille et la planète.
Bonnes pratiques et gestes du quotidien sur la consommation d’eau
- Être vigilant à sa consommation d’eau notamment quand on se lave les mains et pour le rinçage des denrées alimentaires (inutile de faire couler l’eau en permanence).
- Ne pas rincer sa vaisselle avant de la mettre au lave-vaisselle (on met juste les déchets à la poubelle) et bien utiliser son lave-vaisselle (mode éco …).
- Utiliser un bulleur sur votre robinet d’eau pour réduire le débit
Bonnes pratiques et gestes du quotidien sur la consommation de gaz et d’électricité
- Bien choisir son électroménager (catégorie A)
- Privilégier l’induction (moins consommateur que le gaz, la vitrocéramique ou les plaques classiques).
- Choisir la bonne taille de l’appareil de cuisson et la bonne taille de feu quand vous faites cuire quelque chose.
- Mettre un couvercle et ne pas ouvrir son four (on perd des degrés).
- En fin de cuisson, couper vos fours et vos plaques (sauf induction), l’inertie thermique peut suffire à terminer la cuisson. Cela marche particulièrement bien dans le four. Attention quand même à ne pas rater vos plats !
- Assurer le bon entretien de vos appareils (par exemple les joints de votre four).
On remarque aussi qu’il y a pas mal d’option pour cuisiner sans électricité. Il s’agit de techniques de cuisson comme la marmite norvégienne, le four solaire ou même le régime crudivore ainsi que les techniques de conservation à température ambiante (fermentation, conserve, séchage …).
👉 Pour en savoir plus, visiter notre Portail des Techniques de Cuisson !
Zoom sur les produits d’entretien
Les produits d’entretiens classiques posent aujourd’hui plusieurs problèmes. Ils sont d’abord très/trop puissant voir même toxique dans certains cas, je pense par exemple à l’eau de Javel. En outre, ils sont très couteux, sont emballés et polluent l’environnement, bref rien de très joyeux …
La bonne nouvelle c’est qu’il existe désormais aujourd’hui même dans les commerces grand public des alternatives à partir de produits plus respectueux de l’environnement qui auront aussi le bon gout d’épargner votre portefeuille.
On vous recommande donc d’adopter :
- Le Vinaigre Blanc à Il désinfecte, désodorise, dégraisse, prévient et traite les taches (calcaire ou tartre). Ne pas hésiter à le laisser agir un peu (notamment sur les tâches). On peut le couper à l’eau (préférence chaude) et on imbibe bien son éponge avant de nettoyer.
- Le bicarbonate de soude à Dissoudre avec de l’eau tiède ou chaude, vous pourrez ensuite récurer les surfaces et retirer les taches de graisse. Marche pour le four mais aussi pour désodoriser les poubelles ou le frigo. Ne pas hésiter à laisser agir un moment pour les tâches les plus tenaces.
- Le Savon Noir à Multiusage, il nettoie, dégraisse, détache et nourrit de nombreuses surfaces. On s’en sert en particulier pour les surfaces et les sols en matériau naturel (pierre …) ainsi que pour dégraisser les fours, micro-ondes, hottes, cuisinières …
- Le Savon de Marseille à Outre le lavage de main, il sert à faire sa lessive, car oui, n’oublions pas le linge de cuisine !
- Les cristaux de soude à C’est un le bicarbonate de soude en plus puissant, à réserver pour le très (très) sale, poubelle, hotte, four, grille de BBQ, casseroles brulées. Attention produit corrosif, on le manipule avec des gants et on le dilue pour l’utiliser !
- Et en bonus ajoutez quelques huiles essentielles pour parfumer vos produits et laisser une douce odeur dans votre cuisine !
C’est une bonne base pour démarrer, avec ça, vous pourrez fabriquer vos propres produits d’entretien maison et pour ceux qui serait moins motivé, il y en a désormais beaucoup sur les étagères de nos magasins.
Pour les recettes, c’est très facile à trouver sur le net : produit vaisselle, lessive, nettoyant multi-usage (savon noir + bicarbonate) et même du produit wc !
Zoom sur les autres consommables
Nous utilisons encore d’autres consommables en cuisine et si on suppose que la vaisselle à usage unique n’est déjà plus dans votre maison, il reste plusieurs produits qu’on hésite un peu plus à remplacer.
Pour les éponges, vous pouvez troquer votre modèle jetable classique pour une éponge lavable et ainsi que des chiffons en microfibres. Vous pouvez même en fabriquer à partir de vieux torchons, par exemple avec l’éponge Tawashi.
Pour la conservation des aliments, on peut remplacer le film plastique ou aluminium d’abord en utilisant un contenant fermé (bocaux, tupperwares, sac réutilisable …). Pour recouvrir, par exemple un bol ou une casserole, on vous recommande d’utiliser une charlotte en tissu alimentaire lavable ou mieux, de fabriquer votre propre Bee Wrap (tissu enduit de cire d’abeille).
Côté cuisson, un tapis de cuisson de type Silpat sera parfait la plupart du temps. Pour des cas particuliers comme les papillotes, tournez-vous vers le papier cuisson biodégradable ou mieux, tentez la feuille de bananier !
Côté linge et essuie tout, remplacer le jetable par du tissu classique. Serviette en tissu, un torchon et quelques microfibres devraient largement pouvoir faire l’affaire.
Conclusion
Essentiel à retenir
Le Gaspillage Alimentaire est un enjeu majeur, à la fois écologique, économique et social, qu’il est possible de réduire grâce à des gestes simples au quotidien.
La démarche Zéro Déchet en cuisine s’appuie sur une organisation réfléchie, la maîtrise des achats et des stocks, ainsi que la valorisation de chaque ingrédient, restes et chutes.
Adapter ses quantités, planifier ses repas, bien conserver les aliments, et réinventer les restes sont des leviers concrets et efficaces pour limiter les pertes.
Agir Concrètement
♻️ Engager un démarche zéro déchet :
Trier mes déchets, composter mes biodéchets et adopter la règle des 5R (Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Rendre à la terre).
🛒 Privilégier les achats en vrac, locaux, de saison et issus de circuits courts et organiser correctement les stocks.
🥣 Cuisiner les chutes et accommoder les restes de façon créative.
➔ Consulter le Portail dédié à la Valorisation des Chutes.
📅 Planifier mes repas et dresser ma liste de courses en fonction de mes besoins réels, en tenant compte des stocks existants.
Le Mot de la Fin
Cuisiner sans gaspiller, c’est avant tout une question d’attention, d’organisation et de créativité. Chaque petit geste compte, et c’est en intégrant ces habitudes au quotidien que nous pouvons tous contribuer à un système alimentaire plus durable, respectueux de la planète et de notre bien-être. Alors, lancez-vous, expérimentez, et surtout… savourez chaque bouchée sans culpabilité !
Pour aller plus loin
👉 On vous recommande de lire ensuite : Module – Les Bases de la Créativité
(suite du parcours « Découvrir la cuisine durable »)
👉 Autres Ressources :
- Parcours – Découvrir la Cuisine Durable
- Ressource – Bibliographie & Ressource autour de la Cuisine
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